Je finis sur la question du pouvoir dans les conflits et de la manipulation.

Il est aisĂ© de croire que la victime est celle qu'on apprĂ©cie, celle qui pleure plus fort, qui montre qu'elle souffre davantage. La question de qui a le pouvoir et comment il l'exerce est essentielle quand on la replace au sein de systĂšmes Ă©tablis depuis si longtemps. Ça veut dire qu'il faut se pencher sur ceux-ci et Ă©tudier leurs rouages. Ainsi on ne se place plus uniquement au niveau individuel de la souffrance.

Si les points de défense que vous avez dans tout ça c'est

- ils sont méchants et nous on est jonty
- ils nous reprochent des trucs parce qu'ils nous aiment pas
- je connais bien machin, c'est un jonty
- c'est des vilains sans nuance intolérants radicaux extrémissss

vous passez probablement à cÎté d'un énorme truc.

On cesse vite d'ĂȘtre gentil quand les personnes qui ont le pouvoir l'utilisent pour nous nuire et nous menacent.

On a pas un devoir d'expliquer les choses, tout le temps.

Comme tout le monde, on a le droit d'ĂȘtre en colĂšre aussi, on a le droit, de manquer de nuance parfois, de se tromper, de s'embrouiller entre nous, de recoller les morceaux, etc.

Ça ne lĂ©gitime pas les techniques utilisĂ©es pour nous descendre encore plus pour gagner du pouvoir, en mentant et en tordant la rĂ©alitĂ©.

Et chaque fois, on nous dit quand mĂȘme qu'on pourrait aller discuter avec eux, au lieu d'envenimer le "dĂ©bat". Oui, il y a encore des gens qui pensent qu'on dĂ©bat. Par exemple, ces posts n'ont pas vocation Ă  ouvrir un dĂ©bat, pas davantage que ceux auxquels ils rĂ©pondent. Ils sont lĂ  pour dĂ©monter les quelques techniques de manipulations utilisĂ©es et pour donner un peu plus de contexte.

Oui des gens se sont insultĂ©s, oui, c'Ă©tait pas trĂšs gentil, ouhlala, il faut ĂȘtre gentil.

La liberté, oui, mais on a vite compris qu'il s'agissait pas tant de la nÎtre. Déjà qu'ils sont bien sympas de nous laisser un bout d'internet, hein.

On ajoute à ça des conflits interpersonnels, des personnes qui ont des egos démesurés, trÚs peu de réflexion politique d'un cÎté et l'appropriation de nos propres outils pour nous nuire, ça nous donne une série super à suivre sur Mastodon chaque année.

Si on en revient à Mastodon, on a un groupe de personnes militantes et/ou queers qui ont une éducation politique un peu rÎdée, et/ou qui apprennent et continuent de se former ou s'autoformer sur ces sujets.

On a aussi un groupe de libristes qui refuse un peu ou complÚtement ça. Parce que l'important, c'est la liberté.

Oui, bon, nous aussi on veut de la libertĂ©, ok mais on peut aussi rĂ©flĂ©chir à


L'IMPORTANT C'EST LA LIBERTÉ !!!!

Je sais pas si vous voyez oĂč je veux en venir, lĂ  ?

Quand on est victime d'oppression systémique, c'est-à-dire qu'on subit le racisme, le sexisme, la transphobie, etc. on a tendance à voir aussi un peu plus vite les rapports de force entre et au sein des communautés. D'autant plus que ces groupes militants et queers font un travail énorme sur la documentation, l'autoformation, l'accompagnement des personnes en questionnement, etc.

Bref
 on peut ĂȘtre vite "politisĂ©", donc consciente qu'il existe des systĂšmes autour de nous, qu'on reproduit.

Quasi inexistant.

On dispose d'une culture commune en tant que groupe social ou communauté. Cette culture est reliée aux membres qui la composent. Si on constate qu'un groupe est majoritairement blanc, ses membres n'auront pas l'expérience du racisme et vont tendre à l'ignorer, le minimiser, ne pas le prendre en compte, etc. Pareil si c'est majoritairement des hommes cis, hétéros, de classe aisée, etc. Généralement en sortant de groupes homogÚnes on perçoit mieux les rapports de force.

Sauf que certains libristes ne l'entendent pas de cette oreille. Bon, d'abord, le monde du libre, c'est chez eux, ok ? Si t'es pas contente, tu forkes/just do it/etc.

Ces personnes qui Ă  la base n'ont pas du tout la mĂȘme grille de lecture vont dĂ©cider de brandir leur libertĂ© au dĂ©triment des gens minorisĂ©s. Ces derniers, je le rappelle, n'ont pas tant d'espaces ni les mĂȘmes moyens, pour beaucoup. Mais ça ne compte pas parce que l'Ă©ducation politique chez les libristes, c'est
 comment dire


On a donc un espace majoritairement partagé par un milieu queer militant et des gens issus de milieux libristes au départ dans la sphÚre francophone de Mastodon.

Il y a assez peu d'espaces pour les queers en gĂ©nĂ©ral dans la vie. Avec Mastodon, voilĂ  qu'on peut exister, au contraire d'autres mĂ©dias sociaux, et peut-ĂȘtre mieux se protĂ©ger. Ça veut dire en gros : bloquer/mute des gens, des instances, etc. Comme dans n'importe quel groupe, on aura des personnes plus radicales que d'autres, hein.

C'est-à-dire qu'il insinue qu'on les déteste parce qu'ils font des "erreurs".
Avec cette perspective de guerre de "clans", on peut croire que ces pauvres gens font bien ce qu'ils peuvent mais parfois ratent et que nous, vilain·e·s, on ne leur laisse rien passer.

Ce qu'il manque ici c'est l'analyse politique de ce qui se passe, ainsi qu'un léger oubli de contexte


Il essaie encore une fois de faire croire que tout ce groupe ou "clan", comme il l'appelle, n'a aucune nuance et n'essaie pas de reconnaĂźtre ses erreurs, contrairement au sien.

Il fait bien attention à replacer des mots clefs spécifiques au monde militant pour se placer dans un discours de personne qui a déconstruit des choses.

Il met en miroir les potentielles erreurs que fait son "clan" tout en ayant nĂ©anmoins la volontĂ© de "s'en sortir" avec le fait d'ĂȘtre "haĂŻ pour ça".

Son analyse se base sur le fait que des personnes marginalisĂ©es ont trouvĂ© (selon lui en 2017, Ă  la sortie de Mastodon) un espace oĂč elles peuvent avoir leur place, mais on les met trop en avant et elles finissent donc par avoir du pouvoir. Ce type de dynamique est dĂ©jĂ  prĂ©sent dans n'importe quel milieu marginalisĂ© et depuis longtemps (avant internet).

Il dĂ©couvre ça depuis deux ans, soit. Mais il s'en sert
 pour nous nuire, encore une fois. Tant pis hein, si on est marginalisĂ©s, d'ailleurs


Sauf qu'il ne peut pas savoir ce qui se passe en privé par exemple. Il refuse d'avoir une grille de lecture féministe quand ça l'arrange : donc décider que nous avons tout simplement tort est facile. Le sujet de la modération n'est ici qu'un prétexte de plus visant à nous enfoncer.

Son analyse se base sur une histoire de guerre de clans et non pas d'objectifs politiques précis. Il nous déballe un feuilleton sans aucune approche systémique, sociologique ou autre, ce qui est trÚs pratique.

Il critique certains procĂ©dĂ©s (par exemple lorsque les gens prennent des screens de ses posts) mais utilise exactement le mĂȘme, dans un thread "explicatif", sans cacher de noms, et donc en dĂ©signant des cibles Ă  son tour
 tout en dĂ©nonçant "un appel au harcĂšlement". Je vous laisse apprĂ©cier.

Il essaie de glisser son avis sur un sujet actuel qui divise Mastodon, et le met en perspective de façon à ce qu'on perçoive bien que nous avons tort aprÚs 15 pouets dont la majorité à charge contre nous.

Par exemple il apprend nos codes et s'en sert uniquement pour son intĂ©rĂȘt personnel.

Il cite des trucs qu'il ne relie pas avec un contexte politique précis, les rattache à n'importe quoi et fait purement de la désinformation auprÚs de sa fanbase.

Il essaie aussi de reprendre les arguments au sein du monde militant (qu'il ne connaßt pas ou peu) pour discréditer d'autres militant·e·s alors qu'il n'a aucune légitimité ni connaissance du sujet pour se permettre une telle indécence.

Voldemort s'essaie encore Ă  des techniques de manipulation.
Il continue de nous prĂȘter des intentions qu'on a pas, nous caricature dans le but de nous dĂ©crĂ©dibiliser auprĂšs de sa fanbase sur des Ă©lĂ©ments faux inventĂ©s. Ça marche trĂšs bien sur tous les gens qui ont aucune espĂšce d'envie de se remettre en question et d'apprendre Ă  regarder autre chose que leur nombril, c'est sĂ»r.
Chacun de ses threads sur le sujet pourrait ĂȘtre citĂ© en exemple dans un article pour contrer les manipulateurs.

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